Cure de jouvence pour la Chapelle du lycée Jacques Coeur
De sa nef sur quatre niveaux à ses transepts, l’ancienne Chapelle du lycée Jacques Cœur de Bourges a totalement été réhabilitée.
L’édifice néogothique du 19e siècle entame une nouvelle vie en accueillant la Maison des lycéens et bien plus encore... Visite guidée.
Lycée atypique, c’est le mot qui vient à l’esprit de tous ceux qui en franchissent les portes pour pénétrer son cloître néoclassique. Alors oui, à Jacques Cœur, lycée d’enseignement général et technologique, l’histoire est partie intégrante de l’architecture et donc de la vie des élèves. Ce lieu d’exception qui a successivement eu la fonction d’hôpital militaire ou d’Ecole nationale pour jeunes filles est donc, au cours du 20e siècle, devenu ce fameux lycée berruyer offrant, par ailleurs, des formations de renom du type hôtellerie-restauration…
Vie lycéenne et cœur de Chapelle.
« Point culminant de l’établissement, sa chapelle néogothique était pour une large part laissée à l’abandon et au règne des pigeons » explique Monsieur Jean- Pierre PRIN de l’atelier CARRE D’ARCHE, l’architecte en charge des travaux. Tout cela appartient désormais à l’histoire puisqu’en deux ans seulement, tous les niveaux de sa nef ont été entièrement réaménagés ainsi que ses transepts. La Chapelle, inaugurée début janvier, accueille désormais la Maison des lycéens au rez-de-chaussée, un vaste Centre de Documentation et d’Information (CDI) à l’étage, et enfin, une salle de conférence de 250 places, parfaitement logée sous les voûtes de la nef. Pour y accéder, il faut emprunter une structure métallique indépendante de la chapelle ; elle crée de la modernité, de la fluidité, mais surtout, marie astucieusement les architectures contemporaine et d’antan.

Et ça marche ! Près de 150 jeunes investissent leur Maison du lycéen lors de la pose du midi, quant à son nouveau CDI, Baptiste, élève de 1re ES, le décrit comme « beaucoup plus grand et fonctionnel que le précédent. »
Respect du passé et de l’avenir.
Côté dépenses énergétiques, l’architecte a su jouer sur l’inertie des murs, leur imposante masse pour que la Chapelle conserve sa fraîcheur en été et de la chaleur en hiver. « D’une part, un système de chauffage et de ventilation tous deux très performants permettent de réaliser des économies d’énergies ; de l’autre, nous avons réalisé un vrai travail sur l’acoustique pour un confort total des élèves. » Si, grâce à ces réalisations, la Chapelle est aujourd’hui classée Haute Qualité Environnementale (HQE), ce chantier, qui a su préserver l’avenir, ne tourne pas pour autant le dos au passé. Il a fait réapparaître des pierres ainsi que des peintures anciennes. Quant aux vitraux, ils ont été remis en état, voire, totalement recréés pour certains par le maître verrier, Jean Mauret. La Chapelle qui recouvre une nouvelle jeunesse s’apprête ainsi à écrire une nouvelle page de son histoire…
L’investissement pour cette réhabilitation s’élève à 5,530 millions d’euros, entièrement financés par la Région Centre.